Marie Escher - Lude

Peintre





Biographie

  • valaisanne, née en 1958, vit depuis 1981 à Sierre (Suisse)
  • formation artistique Ecole des Beaux-Arts, Sion
  • formation pédagogique (diplôme d’enseignement primaire 1978) et brevet d’enseignement dessin / peinture à l’Université de Berne (1981)
  • a enseigné le dessin / peinture dans différents établissements (école primaire, enseignement spécialisé, cycle d’orientation, collège, cours de peinture pour chômeurs)
  • anime des cours de peinture / dessin pour adultes dans son atelier
  • différents mandats artistiques d'importance comme:
    • conception du cortège du centenaire de la station de Crans/Montana, 1997
    • prise en charge de la peinture des décors du spectacle Carmen à Vercorin avec des chômeurs dans le cadre du CEPEQ, 2003
    • création de scènes sur le thème du Petit Prince de St. Exupéry pour la décoration du village de St.Luc (20 ans de la société d’astronomie), 2005

vue par Henri Maître

Les oeuvres de Marie Escher-Lude sont construites parfois en tonalités affirmées, pleines de volumes et d'espaces délimités, comme pour y célébrer un certain mystère; d'autres fois en plages horizontales ou obliques, ouvertes vers des horizons non définis, comme pour inviter à l'évasion. Marie Escher-Lude utilise des techniques différentes pour adapter son travail au sujet inspirateur et à l'exploration artistique qu'elle entreprend dans son atelier; pour cette exploration intervient souvent une volonté d'expérimentation qui est source de créativité. La nature est toujours inspiratrice; mais ce sont des espaces habités par la transposition et l'émotion; comme les peintres pleinairistes, ceux de Savièse notamment, Marie Escher-Lude assure le fondement de ses oeuvres par ce qu'on a appelé le génie du lieu; mais elle donne à son travail une accentuation moderne, où les valeurs artistiques sont celles de l'interprétation ou même d'une réinterprétation, dans le sens où Goethe parle d'une présence autour des choses. Très éloignées du réalisme pictural dans leur projet et leur réalisation, ses oeuvres appartiennent au terreau fécond de la réalité poétique, où la nature est le prétexte premier, mais où l'oeuvre elle-même n'existe que dans le domaine artistique, où le sujet quitte le réel pour devenir objet culturel.
HENRY MAÎTRE, Visp - Galerie Schützenlaube 2002

vue par Philippe Jean Muller

UN GRAND SOUFFLE traverse l'oeuvre de la peintre valaisanne Marie Escher-Lude. Elle puise son inspiration dans la nature, au gré de ses randonnées solitaires dans les forêts ou au fil des crêtes qui conduisent au sommet des 4000 mètres. Une riche lumière inonde ses vastes toiles acryliques, qui se déclinent en teintes chaudes ou glaciales au gré des saisons évoquées. La peinture de Marie EscherLude nous conduit droit au coeur de paysages à la fois étrangers et familiers, aux extrêmes limites de la figuration et de l'abstraction, en territoire favorable pour pouvoir rêver.
PHILIPPE JEAN MULLER, pharts 2009

vue par Laurence Chauvy

Artiste valaisanne Marie Escher-Lude présente une exposition complète, qui regroupe trois techniques et différents sujets liés au paysage. Paysage, et non topographie: ce qui importe, c'est l'ambiance du moment plus que la situation du lieu. Les titres sont à ce propos révélateurs, qui parlent d'horizon, de lumière dorée ou d'espace minéral. Monotypes, encres et toiles suivent la même approche, intuitive et poétique. Certes, le Valais est d'une certaine façon reconnaissable, à l'avancée de la neige sur les roches, au creux niché entre deux pentes ou aux méandres que dessinent les petites routes. Et aux teintes, plutôt sombres lorsqu'on regarde en bas les vallées encaissées, et d'une clarté de lait, lorsque le regard s'élève. Reflets sensibles, l'esprit, sans être religieux, reste pictural: le choix de la couleur acrylique, plus rapide que l'huile, mais aussi plus mate, rend sensibles les mouvements du pinceau, son frottement, sur certaines zones ombragées. Alors, dans ces zones bien délimitées, les traces s'effacent, parce que la nuit est tombée. On aimera la manière qu'a Marie Escher-Lude d'introduire alors, lorsque tout semblait noyé dans l'ombre ou dans la brume, quelque reflet - celui du soleil couchant sur l'étang, ou d'un rayon perdu sur le glacier. Cette lumière soudaine, imprévue, fait littéralement chaud au coeur, confirme que ces espaces arides, les lieux austères représentés, sont "habités», ainsi que l'indique le titre de l'exposition, L'Espace habité. Plus littéralement, ce titre renvoie aux quelques peintures qui acceptent des maisons, des granges, signes d'une présence humaine. Signes humbles: ces habitations endormies, ces granges autour desquelles on ne vaque pas, parce que le soir est tombé, ou que l'aube point à peine, se résument à des rectangles de teintes chaudes, pris dans l'immensité d'une nature recueillie.
LAURENCE CHAUVY, Le Temps, 2009

vue par Jean-Marc Theytaz

Peinture dépouillée, austère, silencieuse, moments situés dans les lieux de passage, les transitions, les cols entre terre, montagne et ciel, entre la nuit et l’aube, le crépuscule et la nuit, entre chien et loup, lors que les hommes sont encore dans le sommeil ou déjà dans la veille, lorsque les mots se font plus rares, qu’ils deviennent murmures... la peinture de Marie Escher-Lude est toujours «suggestion»... L’artiste sierroise expose actuellement à la galerie Grande-Fontaine à Sion, une quarantaine d’oeuvres qui déclinent un univers de nuances, de variations musicales, de valeurs colorées fines, subtiles, transparentes. Un agencement de blancs cassés, de gris effleurés, de bleus nuits, des ocres aussi, des failles qui nous ouvrent des cascades de lumières. On passe dans certains tableaux des gammes de traînées terreuses à des coteaux d’eaux infinies pour atteindre sur un troisième niveau les brillances neigeuses ou glaciaires comme dans une ascension qui se veut danses de couleurs, de musiques, mais aussi élévation spirituelle. L’atmosphère des tableaux de Marie Escher-Lude est très souvent douce, proche d’une certaine sérénité et tendresse, avec une présence de la vie discrète et retenue, subtile et silencieuse. Ses hameaux perdus dans la neige, dans le crépuscule, ses granges ou ses chalets qui reposent dans une immobilité, une quiétude enveloppante, ses paysages de neige habités par des présences secrètes, presque spirituelles, tout un univers que l’artiste se plaît à développer: «Ma recherche s’inscrit dans la continuation d’une figuration interprétée. Le thème principal reste le paysage, c’est un point de départ, un lien avec la réalité. Le paysage m’intéresse en tant que composition, pour ses valeurs ou structures, ses ambiances. Le lien avec la réalité est plus présent dans la technique de l’aquarelle, même si ce lien existe, je m’efforce de dégager plutôt l’ambiance d’un lieu que sa description.» Marie Escher-Lude présente à la Grande-Fontaine des acryliques de grands et petits formats, des aquarelles et des monotypes de qualité, émouvants.

JEAN-MARC THEYTAZ, Le Nouvelliste, 2012